Sauter le petit-déjeuner dérègle nos horloges internes

 

La régulation du taux de sucre, la glycémie, est perturbée toute la journée si on n’a pas mangé avant 9 h 30 du matin.

Les travaux scientifiques de chercheurs israéliens menés sous la houlette du Pr Oren Froy, de l’Institut de biochimie de l’Université hébraïque de Jérusalem, montrent qu’il y a tout intérêt à ne pas sauter le petit déjeuner. Les effets néfastes se prolongent en fait toute la journée sur le plan métabolique, c’est-à-dire sur les fonctions normales de l’organisme.

 

Une habitude qui gagne pourtant du terrain en France. Selon une étude menée en 2013 par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), environ 30% des enfants et 20 % des adultes sautent au moins un petit déjeuner par semaine. Ils étaient respectivement 13 % et 14 % en 2007.

 

Le véritable, et surprenant, problème est qu’en sautant le petit déjeuner on dérègle les horloges internes de notre corps.

Ce n’est pas tant que l’on soit affamé le matin, puisque le foie s’est activé toute la nuit pour fabriquer du sucre à partir de ses réserves et le libérer dans le sang afin de maintenir une glycémie (taux de sucre dans le sang) normale. Notre corps en général et notre cerveau en particulier ayant un besoin vital de cette source d’énergie. Le véritable, et surprenant, problème est qu’en sautant le petit déjeuner on dérègle les horloges internes de notre corps.

Pas seulement l’horloge centrale, située dans le noyau suprachiasmatique du cerveau, qui détermine les cycles veille-sommeil, mais aussi les horloges périphériques, celles que l’on trouve dans le pancréas, le foie, ou encore dans les muscles (soit près de la moitié du poids du corps) et la masse adipeuse, cette dernière pouvant représenter plus de 40 % du poids chez une personne obèse.

 

Il y a deux ans, le Pr Froy et ses collègues avaient déjà montré que des patients diabétiques régulaient beaucoup moins bien leur taux de sucre dans le sang (insulinorésistance), en particulier après les repas du midi et du soir, lorsqu’ils avaient été privés, le matin même, de petit déjeuner.

Dans l’étude qu’ils viennent de publier dans la revue Diabetes Carede novembre, ils proposent une hypothèse convaincante pour l’expliquer.

Ils ont examiné l’expression des gènes des horloges biologiques chez 18 volontaires sains et 18 personnes diabétiques et se sont aperçus que celle-ci était durablement déréglée toute la journée en l’absence de petit déjeuner avant 9 h 30.

Sauter le petit déjeuner à un effet délétère sur la régulation des gènes de l’horloge du métabolisme du glucose et du poids corporel. 

 

«Cela signifie que sauter le petit déjeuner à un effet délétère sur la régulation des gènes de l’horloge du métabolisme du glucose et du poids corporel», explique le Dr Daniela Jakubowicz, de la faculté de médecine Sackler à l’université de Tel-Aviv, première signataire de la publication. 

«Cela signifie aussi qu’en sautant le petit déjeuner vous pouvez prendre du poids en augmentant votre glycémie même si vous ne mangez pas plus que d’habitude le reste de la journée», ajoute-t-elle.

Outre les sujets sains, «cette étude met l’accent sur l’importance du petit déjeuner comme stratégie visant à contrôler la glycémie dans le diabète de type 2», confirme le Pr Marta Garaulet, professeur de physiologie à l’université de Murcie (Espagne) et spécialiste internationale de la chronobiologie de l’obésité. «Comme l’horloge circadienne régule également la tension artérielle, la fréquence cardiaque et l’activité cardio-vasculaire, ainsi que le tissu adipeux et d’autres organes métaboliques,explique-t-elle, la synchronisation des repas pourrait affecter le métabolisme global et influencer les complications chroniques de l’obésité et du diabète de type 2.»

 

L’étude fait aussi écho au programme de chronobiologie médicale dirigé par le Pr Frank Scheer, à Boston (États-Unis), qui a montré l’incidence métabolique de la dérégulation des repas et du sommeil chez les travailleurs postés. «Le Pr Scheer voyait apparaître des désordres métaboliques en 8 jours, alors que nous les avons observés seulement quatre ou cinq heures après avoir sauté le petit déjeuner»,complète le Dr Daniela Jakubowicz.

 

Source : http://sante.lefigaro.fr/article/le-petit-dejeuner-une-evidence-metabolique/

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